Le jour de mes 16 ans
C’était mon anniversaire. Au mois de juillet. J’avais 16 ans. J’ai toujours très peu fêté mon anniversaire. Et je suis une fille qui adore, à l’occasion, être seule. Vivre dans ma tête. J’avais alors choisi de passer mon anniversaire seule, sur le bord du Lac-St-Jean. Me promener parmi les fêtards, très nombreux durant ces chaudes semaines d’été. Des gens venus de partout pour installer leurs tentes quelques jours.
Je n’avais aucune attente, excepté celle d’aller m’asseoir sur un rocher après le quai, seule, et d’écouter le Lac. Ses vagues si douces et chaleureuses la nuit tombée. Je marchais pieds nus sur le sable en direction du quai. Je traversais les dizaines de feus de camps et souriais aux gens. Je me fis intercepter par une bande de jeunes hommes, un peu plus âgés que moi. L’un d’eux me demanda de me joindre à eux. Ce que je fis. J’adore parler aux étrangers.
Il s’appelait Patrick. Il n’était pas du Lac-St-Jean. Et il partait le lendemain. Il était grand, élancé, il avait les yeux noirs et les cheveux très foncés. Sont teint était également basané. Il avait 20 ans ce jour-là. Le même jour que moi. Nous avons passé la nuit sur le rocher, à se raconter nos vies et à écouter la mélodie que nous offrait le Lac. Nous nous sommes embrassés. Et embrassés. Et embrassés. Nous nous sommes difficilement séparés, à 5 heures du matin parce que le sommeil avait raison de nous. J’ai été amoureuse de lui. Le temps d’une nuit. Enlacés l’un dans l’autre, en cette chaude nuit d’anniversaire.
Nous nous étions donnés rendez-vous, sur le même rocher, le lendemain matin. Pour se dire adieu je suppose. Un orage violent a fait rage sur le Lac et a défait nos plans. Nous n’avons pu nous revoir. Ce soir suivant, je travaillais. Arrivée au restaurant où je vendais de la crème glacée, ma collègue me tendit un papier qu’un passant avait laissé pour moi.
« Je suis désolé de n’avoir pu aller à ta rencontre ce matin en raison de l’orage. J’ai passé une nuit extraordinaire en ta compagnie. Tu me manques déjà. »