Rater un virage
Quand on visite la Côte d’Azur par l’intérieur des terres, il est plus prudent d’y aller lentement. Les côtes et les belles courbes, telles celles d’une femme. Ça nous permet en plus de voir les montagnes. C’est bon quand c’est long, la Côte d’Azur.
Mais moi, j’aime la vitesse. Je n’aime pas être obligée de ralentir pour ne pas rater un virage. J’aime fermer mes yeux et appuyer sur l’accélérateur. J’aime rouler à 100 miles à l’heure. Des fois, j’ai le vertige. Ça me donne la nausée. Des fois, je rate le virage et je me casse la gueule. Des fois dans un rocher. Ça fait mal. Des fois, je me ramasse carrément au fond de la méditerranée. Là, c’est beau. Et ça goûte le sel. J’aime le goût de l'eau salée.
Peut-être un jour, je ralentirai. Peut-être un jour, je serai moi aussi d’avis que c’est bon quand c’est long. Je ne le crois pas. Telle une éternelle enfant, je veux tout maintenant. Je ne veux pas me rendre tranquillement à Marseille en chantant des chansons quétaines. Non. Je veux arriver à Marseille le sourire aux lèvres d’avoir trop fêté sur mon air d’aller.
Quitte à ne pas m’y rendre. Ouais. Quitte à ne jamais m’y rendre. Ok?


